24/11/2008Pourquoi ce métier n'est pas tout à fait un métier comme un autre... 2Figaro peut aller se rhabiller! Sa folle journée n'est rien à côté de la mienne.
Passons sur la pseudo inspection révélatrice à bien des égards, pour nous centrer sur la serrure de la 206 aux ressorts dramatiques insoupçonnables et insoupçonnés.
Ladite serrure bidouille depuis un certain temps, et, malgré le choeur des pleureuses permanent ou presque auprès du service concerné, elle continue obstinément à bidouiller.
Bref, aujourd"hui, comme à son habitude, la vicieuse a emprisonné mes clefs, TOUTES mes clefs (oui, je sais, quelle erreur de débutant de mettre SES clefs avec celles du temple du savoir, mais bon, c'est ça, ou les loulous se retrouvent une fois sur deux dans le couloir, leur gentil professeur ayant une légère tendance à être en retard et peu frais de bon matin...).
Jusque là, tout va bien, car, en fermant la porte de ladite serrure, les clefs se trouvent libérées.
Mais, MAIS aujourd'hui, après avoir échappé de justesse à l'enfermement dans cette salle élevée par un agent zélé, à l'heure de la libération des loulous, d'une partie seulement, le drame :
"Monsieur, Monsieur! Vos clefs, elles sont plus là!!!
- Enorme sueur froide (comment, COMMENT vais-je rentrer chez moi? et que va dire mon chef préféré, que je rencontre demain, si toute cette histoire lui parvient, alors que je viens d'apprendre, précisément aujourd'hui, qu'il ne me portait pas dans son coeur?)"
Mobilisation générale, où j'ai découvert un trafic de clefs à grande échelle dans mon établissement préféré.
Je suis sur la piste d'un agent fétichiste. Fantasme? NON, car, histoire d'obscurcir encore davantage cette disparition, j'ai retrouvé bien en évidence en salle des profs (la piste de l'élève taquin tombe donc) mon porte-clefs, sans les clefs, comme si le fétichiste ne savait que faire de cet encombrant accessoire.
Mobilisation générale restée infructueuse, d'où le retour tout penaud chez moi, où j'ai mobilisé ma concierge préférée, dont le mari, dont j'ai déjà vanté les multiples mérites, je crois, se trouve être serrurier! Nous en étions déjà aux histoires de gros sous, de fausses factures et d'arnaques à l'assurance, quand ma GENIALE concierge a eu une fulgurance : "Mais pourquoi ne passeriez-vous pas par la façade?
-Euh, vous plaisantez?
-Pas du tout, on l'a déjà fait (ah?...), et puis, vous n'êtes qu'au 2e.
- Après tout, pourquoi pas, vu la qualité de ma fenêtre, je peux tenter de la forcer."
Et nous voici, ma concierge préférée et moi, partis en expédition dans le jardin, en pleine nuit, dans le froid, le vent, la pluie.
"Vous voyez, c'est pas compliqué. Vous empruntez ce balcon-là, puis celui-ci, et ensuite, hop, vous êtes sur le vôtre."
Le lecteur avisé aura noté que la difficulté principale réside dans le "hop"-)
"-Euh... Je vais essayer, mais ça me paraît compliqué..."
Une fois dévêtu (pas tout à fait Tarzan, mais pas loin), j'emprunte le premier balcon, juste une petite grimpette, tout va bien.
Le deuxième est plus compliqué à atteindre, mais j'y arrive.
Tout se gâte ensuite, quand vient le moment du "hop". Surtout lorsque, battu par les éléments, et à cheval sur une cloison de verre (ce qui fait redouter le pire si ladite cloison se brisait), je manque de tomber deux étages plus bas quand ma voisine, très âgée et sourde, réalise néanmoins qu'il se passe quelque chose sur son balcon, ouvre ses volets et s'écrie : "Au secours!"
Heureusement, ma GENIALE concierge intervient alors : "Ne vous inquiétez pas Mme X, c'est juste M. X qui rentre chez lui!
-Ah bon? Bonne soirée alors! (Je rêve...)"
Me voici sur mon balcon.
"J'y suis.
-Ah! Vous voyez, c'était pas si compliqué!
-..."
Après avoir donné un coup de doigt sur ma fenêtre, comme prévu, celle-ci s'ouvre (note à moi-même, ne pas acheter de Monet à accrocher au mur tant que je suis dans cet appart').
Après avoir cherché le double pendant 10-15 minutes, tout en maudissant ma GENIALE concierge la soupçonnant de n'avoir pas retrouvé le double que je lui avais donné mais qu'elle prétend m'avoir rendu, LE sésame, le double!!!
Immense joie, il y a donc un dieu en ce monde. Ouverture de l'intérieur, redescente, récupération de mes habits et autres affaires dans le jardin sous la pluie, dans la nuit, le vent et le froid, et retour chez moi (ai-je déjà été aussi heureux?), après avoir remercié ma GENIALE concierge pour sa lumineuse idée.
"Vous êtes agile quand même.
-Oh, vous savez, j'ai un passé de gymnaste.
-Ah? Eh bien je penserai à vous en cas de besoin.
-... (la prochaine fois, tu te tais!)"
Bref, j'ai quand même escaladé une façade (ma première, c'est émouvant-)) et je suis rentré chez moi par effraction (une première, là encore, que d'émotions...), tout ça à cause de cette fichue serrure de la 206. Définitivement, ce métier n'est pas tout à fait un métier comme un autre!
13/10/2008Quand on me cherche...Aujourd'hui, encore un petit drame extra-ordinaire dans ma vie de jeune prof qui découvre la vie dans une salle de cours avec une classe...
C'est fou comme c'est riche comme milieu : outre le côté bouillon de culture, il y a de quoi se réconcilier avec l'Humanité quand on voit les situations capables de surgir quand on met 35 personnes enfermées dans une salle.
Aujourd'hui donc, mon cher C. m'interrompt en plein cours médiéval (ceci est un scandale : on n'interrompt pas le professeur qui traite le chapitre le plus intéressant de l'année, et qui lui a demandé des efforts surhumains pour réduire deux ans de cours d'agreg' en un cours de 30 minutes..., a fortiori pour sortir une bulle pareille) et m'interpelle, d'une voix tonitruante (que je ne le soupçonnais pas pouvoir posséder, dernier avatar d'une vieille famille aristocratique italienne qu'il est, enfin, c'est ce que je croyais, fin de race...) : "Monsieur? Vous avez vu le portrait de Napoléon page (je ne sais plus combien)?
- Non, et quel est le rapport avec Palerme au XIIe siècle?
- Je suis corse, vous savez.
- (Là, mine de rien, il m'intéresse davantage le cher petit, mes représentations sur lui changent subitement du tout au tout et je visualise déjà les paysages enchanteurs de l'île...).
- Et je descends de Napoléon.
- C'est impossible, son seul fils légitime n'a pas eu d'enfant. (La classe s'apprête à bondir sur le petit Corse...).
- Nan mais, j'veux dire, je descends de Joséphine.
- De Beauharnais? (la vache, il connaît Joséphine, c'est déjà pas mal). Mon bon ami, au risque de vous décevoir, je crains que l'on vous ait trompé. L'union de l'impératrice et de Napoléon fut stérile. Et la postérité de Joséphine et du Beauharnais est bien connue et n'a rien de corse.
- (La classe, en choeur) : Waouh, comme il est cassé!
- (regard de la mort qui tue la vie) Bon, on peut retourner à Palerme?
- Oui m'sieur!"
Le drame n'est pas clos, parce que le petit Corse est revenu à la charge en deuxième et en troisième heure (il est corse, définitivement...) et m'a donné cette fois des éléments nettement plus solides, je vais chercher (j'adooore les potins, même s'ils datent du XVIIIe siècle!). 08/10/2008Paris et les Parisiens.Pourquoi j'aime Paris sans aimer les Parisiens.
Quand deux immigrés roumains rentrent dans la rame, saluent d'un "Bijour missious-dames et beau voyatche!", je l'avoue, on a tendance à penser : "Encore...".
Mais eux, ils étaient différents : ils jouaient du tuba, sisi, et de percussions que je ne connais pas, et nous ont offert pendant au moins cinq minutes un medley entre vieux airs populaires français, jazz, et musique populaire tsigane.
J'aime Paris, parce qu'en un instant, le sinistre métro quotidien peut se changer en train fou, comme chez Kusturica.
Je n'aime pas les Parisiens, parce que si nous avions réellement été chez Kusturica, nous aurions formé une folle farandole, pris d'une transe soudaine. Or... Rien, je suis même à peu près sûr que le Parisien lambda n'a pas remarqué que nos deux musiciens n'étaient pas comme les autres. Il aurait fallu les écouter, mais les a-t-il seulement entendus, enfermé dans sa sinistrose?
Je ne suis pas d'accord, quand le beau surgit, il faut réagir.
C'était tout à fait singulier, très bon.
Le mercredi après-midi.Si je râle souvent, tout le temps?, à propos de mon nouveau rythme de vie, il faut bien lui reconnaître un mérite : me libérer de toute obligation, enfin, pour l'instant du moins, le mercredi après-midi, ce qui ne m'était pas arrivé depuis... au moins tout ça.
J'en profite pour... observer les gens vivre, enfin, ceux qui ne passent pas leurs semaines et leurs week-ends enfermés dans une bibliothèque universitaire ou apparentée à fatiguer leurs yeux sur des signes de plus en plus obscurs au fil de l'année... les vrais gens quoi, les gens tout court.
Aujourd'hui, j'ai aimé ces deux garçons : l'un, grand ado, sans doute encore assez jeune mais faisant beaucoup plus âgé, look de rebelle étudié : le cuir noir, l'écharpe palestinienne, la barbe mal rasée, le décoiffé savamment travaillé, mais attitude de saint. Assis, les mains croisées, pensif.
L'autre, six ans tout au plus, angélique comme ce n'est pas permis, du bol blond sur la tête, au col de polo bien plié sous le pull marine, mais terriblement diablotin. En un instant, il est passé de son strapontin où il suçait son pouce au somment de la barre de fer métropolitaine.
Deux frères : les mêmes grands yeux sombres et doux, des joues bien rondes, et la petite moue, oui, surtout elle.
Une fois calmé, le plus jeune s'en est retourné à sa place, a posé sa tête contre le bras de son grand frère, a repris son pouce, avant de dire : "Thobas, ze t'aime pasque tu es gentil avec moi." Peut-être le bout de son nez en trompette était-il un peu rouge.
Ils sont descendus peu après, le grand ado a tendu la main à son petit frère et ils ont sauté en un seul mouvement sur le quai. Il ne lui avait pas répondu, mais il s'est trahi; lui aussi, il aime son frère.
C'est beau, les grands frères qui emmènent leurs cadets au sport le mercredi après-midi.
C'est précieux, une famille. 04/10/2008Pourquoi ce métier n'est pas tout à fait un métier comme un autre... 1"Monsieeeeeur?
- Oui?
- C'est vrai que les 15% les plus riches de l'Humanité vivent avec plus de 10000 dollars par an?
- Euh... Il faudrait que je vérifie, mais cela me semble assez juste, oui.
- ?
- Qu'est-ce qui vous pose problème?
- Non, mais, ce n'est pas possible, enfin, j'veux dire, il doit y avoir une faute de frappe?
- Pourquoi dites-vous cela?
- Non, mais, enfin, ils ont voulu dire les 15% les plus pauvres de l'Humanité!
- (Terreur, désespoir et immense sourire méprisant intérieurs) Mais dans quel monde croyez-vous que l'on vit?"
Ndla : Mes chères têtes blondes appartiennent à ce qui se fait de mieux en termes de hiérarchie socio-économique dans ce pays.
Le jour de la pré-rentrée, le chef d'établissement, à la question : "Il n'y a pas de parking dans cet établissement?", avait répondu : "Non, il n'y a pas de parking dans cet établissement; de toute façon, il serait occupé par les Porsche et les Maserati de nos chers petits. Alors, votre Twingo, à côté..."
J'avais souri alors, mais finalement... 29/08/2008Le rouage et l'engrenage.Passons sur le sieur Hondelatte, prêt à tout ou presque pour être dans la lumière, mais le "Faites entrer l'accusé" d'hier soir fut remarquable, comme toujours?
L'accusé du jour : Paul Touvier, chef de la 2e section (du 2e bureau, mutatis mutandis) de la Milice pour la région Rhône-Alpes. Les arrestations, tortures et assassinats (pour ne retenir que le plus inhumain) de Juifs - oui, surtout de Juifs, cf infra -, et de résistants dans le Sud-Est à la fin de la Deuxième Guerre mondiale par la para-police de Vichy : c'est lui. Premier Français jugé et condamné (à la réclusion criminelle à perpétuité) pour crime contre l'Humanité : c'est lui.
Passons à nouveau, cette fois sur le rôle glorieux de la très sainte Eglise catholique apostolique et romaine, de la police française, de politiques - de l'Etat? - qui a fait que notre homme a pu, pendant 45 ans, se soustraire à la Justice.
J'en retiendrai l'impression retirée d'une interview de notre homme accordée dans les années 70 à la 3e chaîne. Sur le massacre du cimetière de Rillieux-la-Pape (de 7 otages juifs et non 8, le 8e étant bien catholique, et épargné par Touvier) exigé des nazis après l'assassinat du porte-parole de l'Etat français, Philippe Henriot : "Je n'ai pas ces meurtres sur la conscience. Je ne les ai pas tués. Je n'ai pas ordonné leur exécution.
- Saviez-vous qu'ils allaient être fusillés?
- Oui. Mais que fallait-il faire?"
"Que fallait-il faire?" Remember : responsable mais pas coupable.
Moralité : ne jamais jouer avec le feu. Surtout quand les cadres s'effondrent. Très vite, le rouage est pris dans l'engrenage qu'il fait fonctionner. La vraie tragédie des systèmes totalitaires est là : cette espèce de destin implacable, ce fonctionnalisme qui emprisonne et broie finalement; ses victimes, bien sûr, ses agents aussi. Une volonté initiale suffit, parfois même une absence de volonté (une faiblesse, coupable?) faite de motivations diverses et variées - ici, faire à nouveau de la France la fille aînée de la l'Eglise grâce à la Révolution nationale -; ensuite, le mécanisme s'enclenche.
Trois fois rien, somme toute : une affaire de désirs réveillés et savamment suscités, un (non-) engagement , puis il est trop tard, ça se déroule, froidement et rationnellement.
Et le cynisme : à son procès, 50 ans plus tard, devant la cour d'assises de Versailles "Sur les 100 otages réclamés, 7 seulement ont été exécutés. J'en ai sauvé 93, dont 23 Juifs." "... dont 23 Juifs.", no comment. 16/07/2008Après l'étourdissement...Je me joins à l'unanimité des impressions pour dire tout le bien que je pense de Valse avec Bachir de Ari Folman. Si Yossi and Jagger d'Eytan Fox m'avait touché pour avoir montré l'expérience collective que représente la case Tsahal (ainsi que la guerre, parce que le service, en Israël, c'est peut-être d'abord cela) pour la jeunesse israëlienne, la Valse de Folman est, peut-être, le film qui m'a le plus permis, à ce jour, d'avoir une vision de ce que peut être la guerre, INDIVIDUELLEMENT.
Alors, bien sûr, on me dira : c'est normal, film documentaire et autobio...
Oui, certes, mais les critiques ciné, excellentes, ou moins, ne remplaceront jamais le film lui-même, sa matière -un homme dans la guerre?- et ce qui en est fait. L'objet (les hommes) tellement détaché de ces fonds apocalytiques, et puis, surtout, des parcours individuels.
(Copyright (une bonne âme pour me dire où se trouve le c dans sa bulle?) : New Israeli Foundation for Cinema and Television).
Ce qui m'a le plus marqué est, sans doute, ce qu'a retenu Folman de son entretien avec une psy spécialiste des traumatismes de guerre, et ce qu'il en livre dans son film. Cette femme-personnage raconte au réalisateur-personnage l'expérience d'un photographe de guerre au Liban.
En substance, ce photographe a vécu une guerre qui lui était extérieure, grâce à la frontière de son objectif, une guerre imaginaire de surcroît, qu'il construit à trvaers ses prises de vues, jusqu'au reportage à l'hippodrome de Beyrouth, où la souffrance animale le contraint. Il pose l'objectif, devient perméable, et ne peut plus.
Je ne sais si c'est en raison d'Underground de Kusturica vu tout récemment, avec cette scène inoubliable du bombardement du zoo de Belgrade, mais ce soir, j'ai compris, pense avoir compris, ce que nombre de reporters de guerre expliquent dans les colonnes, sur les ondes, dans les lucarnes... On peut, jusquà ce que l'on ne puisse plus.
Voir Valse avec Bachir, qui est tout sauf politique; au contraire, ce sont des trajets personnels.
E poi, une claque esthétique, ça fait toujours du bien.
09/07/2008A-GRE-GE.Un des nombreux coups de fil de l'après-midi m'a donné envie d'écrire un petit "post", juste comme ça, en passant :
Peut-être pour m'aider à prendre conscience de ce que, parce que, impression étrange, ce fut moins marquant, malgré la cérémonie très officielle, que la même chose , ou presque, il y a trois ans, autour d'une fontaine, malgré les discussions diverses et variées -félicitations, avenir, changement de regard-; à moins que ce ne soit à l'image de cette année assez incompréhensible, tellement moins engagée et pourtant plus efficace (manifestement), plus agréable?, pas forcément..., mais plus adulte, assurément, à l'image de ces écrits irréels entre déjà-vu et tête ailleurs, de ces oraux qui auraient pu être de simples khôlles khâgneuses, il y a trois-quatre ans, en d'autres lieux si proches.
Peut-être pour ne pas oublier ce 9 juillet 2008, qui, après tout, vient un peu au terme de deux années de non-club med', si ce n'est de six années de mono-obsession diront les plus méchantes langues, parce que, vu l'égarement du moment, pas sûr qu'il en reste beaucoup dans très peu de temps.
Peut-être par volonté farouche de ne pas laisser ma blasé-attitude l'emporter sur le caractère somme toute unique de la journée.
Peut-être parce que, et zut, l'agreg' vaut bien un "post".
 07/07/2008ELLE l'est.Trois fois rien, juste un petit "post" en passant pour se souvenir de ce jour, de cette heure, de ces instants.
Un nom sur une liste, l'injustice - toujours possible dans ce genre de jeu - écartée, son bonheur incroyable, celui de ses amies, de presque toutes ses amies, de sa famille, un appel, mon bonheur aussi.
Des émotions, tout à la fois proches et différentes de celles ressenties cette année; comblés? Comblés. Bonjour plénitude, ciao tension.
Ce n'est pas rien l'amitié, ça empêche de dormir, ça excite, ça rend à moitié égaré, mais c'est tellement bon : moi aussi, je suis heureux, et pas seulement "pour elle".
03/07/2008Ca, c'est fait...Après ce genre d'expérience, faire un petit bilan n'est pas malvenu.
Mmmh, à la réflexion, j'en retiendrai peu de choses :
"(Chuchoté ) Tu as vu ses yeux?
_ Oui, ce bleu..."
Nonmèo! On ne parle pas, ni ne chuchote, pendant que je m'efforce de faire une intro potable en HP!
C'eût été deux jeunes universitaires, passe encore, mais elles, non.
"(La même que pour "Tu as vu ses yeux?") Vous n'êtes pas moderniste?
_ J'ai peur que non.
_ Eh bien, ça se voit!"
Mais qu'est-ce que c'était que ces questions pourries, aussi? La montagne blanche, euh? Je connais la montagne magique, d'autres encore sans doute, mais là, non, vraiment.
Quatre jours plus tard :
"Qu'arrive-t-il au chasseur et à la jeune fille?
_ Ils tombèrent amoureux, se marièrent, et tout fut pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
_ (Un autre membre) Moui, enfin, moi, je n'aurais pas aimé avoir ce beau-père!
_ ..."
Reprenez le Dyscolos de Ménandre pour comprendre.
Deux jours plus tard :
"Supposons qu'il y ait un projet de mise au gabarit européen du canal du Midi, serait-ce pour vous un investissement judicieux?
_ (Qu'est-ce que c'est que cette question à la con? Depuis quand la prospective est reconnue en géo, surtout à l'agreg', déjà qu'en géo appliquée... Elle pourrait pas poser une vraie question, comme : "Très bien. Et maintenant, qu'est-ce qui descendait la Loire au Moyen-Age?")."
A votre santé, je suis EN VACANCES, oh putaing!
18/06/2008Paris est un village.Ca commence à faire beaucoup, même si "un coup de dés jamais n'abolira le hasard".
L'an dernier, déjà, à trois reprises, j'étais tombé sur une amie perdue de vue depuis un certain nombre d'années, pour ne pas dire un nombre certain d'années, dont une fois dans le labyrinthe souterrain du Châtelet, où deux personnes se donnant rendez-vous seraient bien incapables de se retrouver.
Bon, cela m'avait déjà surpris, pour le moins, agréablement bien sûr, mais après tout, cela ne faisait que quelques années et, après avoir repris contact, je m'étais dit qu'il n'était pas complètement incroyable que l'on se tombât ainsi dessus.
Mais ce soir, plus fort, beaucoup plus fort.
Je sortais, pensif, de mon cinéma préféré, deux heures de réflexion sur la solitude (ça ne s'invente pas), lorsque, d'une terrasse : "Sébastien! Sébastien! Ouhouh, Sébastien!"
Je l'avais entendu, mais au premier appel, je m'étais dit, vu le monde dans ce quartier, absurde.
Au deuxième, ah? il insiste tout de même...
Au troisième : ... (syncope) "Cy-, Cyril?!"
Après les rituels "Mais qu'est-ce que tu fais là?", les présentations, car il était accompagné, nous avons été incapables de nous souvenir depuis quand nous ne nous étions vus, c'est dire...
Perso, je dirais 10 ans.
Eh bien, plus incroyable que cette rencontre (ni sorbonneux ou assimilé, ni étudiant en médecine, ni fashion victim, il n'a, a priori, rien à faire dans ce quartier), pas la moindre gêne propre aux retrouvailles entre amis qui se sont perdus. Il n'a pas changé, ça explique tout. Toujours... aussi plein d'entrain, aimable, taquin, rieur, la joie de vivre incarnée, Cyril quoi.
Lui a dû me trouver, par rapport à ce temps perdu, singulièrement plus... arf, renfermé? Quelque chose comme ça, oui. Différent mais en même temps, au bout, ou presque, du chemin qui ne faisait que s'esquisser alors.
Je ne saurais dire le plaisir que j'ai eu à passer ces quelques minutes avec lui. La journée passée a joué, bien sûr; sa présence solaire aussi, surtout; les souvenirs parmi les plus heureux de mon enfance, peut-être..., mais vraiment, ce fut un moment délicieux. Eh! Dix ans sur une table brillantissime, quand même.
Se quitter, se perdre à nouveau? Non. Téléphones, sourires (on ne s'appellera pas...)...
"Tu es sur Facebook?
-Non (franchement, est-ce que j'ai un profil facebookesque? Oui? Oui, je sais, mais il est hors de question...).
-Oh... dommage. Ben, tu as mon nom..."
Eh bien, dès que j'aurai le temps, je m'inscrirai sur Facebook. Le croirez-vous?
Je ne saurais dire le plaisir que j'ai eu à passer ces quelques minutes avec lui.
15/06/2008Marie-Antoinette(s)1777, à Marie-Thérèse :
"... je m'occupe un peu de ma parure il est vrai, et pour les plumes, tout le monde en porte, et il serait BIEN extraordinaire que je n'en porte pas..."
1790, à Léopold :
"... ceci est une guerre d'OPINION, qui est loin ENCORE d'être finie..."
Explicitons : la "guerre d'opinion" n'a pas lieu entre les monarchistes et les révolutionnaires, mais parmi "Ils". Depuis l'invasion de Versailles par le peuple de Paris, en octobre 1789, elle sait que la monarchie ne décide plus. Bien vu... Il faudra tout le sens politique de la paille au nez pour mettre fin à cette "guerre d'opinion".
Utiliser "opinion", et l'utiliser parfaitement, montrer par ce mot-concept qu'elle avait tout compris et de la modernité des événements, et de leur cours probable... moi, je dis ça, je dis rien.
09/06/2008Franchement, un ptit coup de gueule, parfois...Aujourd'hui, petit coup de fil... sympathique :
"Bonjour Monsieur.
-Bonjour.
-Maison des Examens, à Arcueil.
-(Ah?).
-Je vous appelle au sujet de votre admissibilité à... (grosse boule dans la gorge, glurp!). Vous nous avez envoyé ceci, êtes-vous ceci?
-Non, parce que blablabla.
-Il nous faudrait cela, parce que blablabla, et patati, et patata.
-Mais... je n'en suis pas tout à fait sûr, mais vous devez avoir cela, depuis l'an dernier, sans compter que... oui, c'est cela, la fac a dû vous l'envoyer.
-Oui, oui, bien sûr, mais... euh... nous avons eu de petits problèmes de gestion, votre dossier a été égaré.
-Ah?
-Oui, bon, ce sont des choses qui arrivent.
-Oui, oui, bien sûr.
- Très agressive : Bon, il nous faudrait cela, et rapidement!
-Pas de problème, je vous envoie ça très vite.
-Aur...
-Vous pourriez me rappeler votre adresse?
-...
-Très bien, merci, aur...
-Bip, bip, bip...
-..."
Non, non et non! Non seulement, ce sont eux qui ont fait la bourde, mais, en plus, ils se montrent agressifs, exigeants et il faut presque se battre pour obtenir une malheureuse adresse. Pour la plus élémentaire politesse administrative, ne rêvons pas.
Si je m'écoutais, ils pourraient toujours attendre leur paperasse, mais je crains que ce soit le genre de choses qui puisse compromettre la réalisation du miracle, si celui-ci se produit jusqu'au bout.
N'empêche, elle y échappé de peu au petit coup de gueule du jour celle-là! 07/06/2008De insania.Décidément, le A fait des ravages dans les cerveaux les mieux constitués et les plus résistants...
Encore un mail de notre très cher coach qui vaut son pesant de cacahuètes :
"René, Charles ou Louis?
Chers candidats,
Mea culpa pour une déclaration péremptoire de ma part hier : ce n'est pas Charles d'Orléans (mort en 1465) qui est donné en HP assez régulièrement, mais son papa Louis qui a eu le net avantage en HP de mourir assassiné en 1407 (dont un sujet précisément sur sa mort). Cela dit, Charles est peut-être possible? (copie à XX pour avis).
Bien à vous
XX"
XX, il est grand temps de prendre des vacances! Moins en raison de la déclaration péremptoire (de toute façon, après un sujet sur René d'Anjou, qui, QUI aurait pu relever la bourde?), qu'à cause de ce mail!
30/05/2008Une journée particulière.Déjà, il a fait beau.
La géo, physique pourtant, très physique même -quelqu'un saurait-il quel est le pourcentage de la pente de la rue Saint-Jacques? pfffiou - n'a pas été pénible pour un sou.
L'administration universitaire a été efficace et, ET rapide, sisi.
Surtout, LA nouvelle.
Les petits bonheurs se sont alors pressés à la suite de la grande joie : cette expo, du miel de châtaignier en provenance directe du maquis varois en plein Paris, découvert par hasard, bien sûr, un concert en plein air.
Ca devrait toujours être comme ça, la vie : délicieusement bon, et incroyablement facile.
Au boulot maintenant...
Le poids des mots.ADMISSIBLE 29/05/2008Attente et attente bis.On a beau ne pas trop y croire, et ne pas trop y penser, quand on reçoit :
"Chers agrégatifs,
Je me doute bien que vous n'êtes pas très à l'aise en ce moment d'attente. Les résultats d'admissibilité à l'agreg seront peut-être connus dès le 29 mai, puisque le jury délibère le 28.
De mon côté, je suis assez confiant sur votre sort (statistiquement...hélas pour les individus).
Bien à vous
XX"
Puis, à 5h32 (qui est censé ne pas dormir? le préparateur ou le candidat? la question peut être posée...) :
"Chers agrégatifs,
Le jury d'agreg a délibéré hier après-midi : les résultats d'admissibilité seront donc probablement connus dès aujourd'hui (cet après-midi?) plutôt que vendredi. Bon courage à tous.
XX"
Eh bien, on a beau ne pas trop y croire, et ne pas trop y penser, on n'a qu'une envie : soit de lui envoyer un mail - en substance, "Tais-toi, mais tais-toi!" -, soit de gueuler du côté de la rue de Grenelle, "Eh, oh, on se bouge?!"
Oh putaing. 22/05/2008"Ils ont des chapeaux ronds..."... mais ils nous irritent méchamment les Bretons (sans pousser très avant l'étude onomastique de la dépêche AFP ci-jointe, Le Fur, Braouezec... tout est là; l'émigration bretonne a encore sévi et a, qui sait?, peut-être brandi la menace de marcher sur le Palais Bourbon depuis Montparnasse, mais ils sont partout...), eux, et leurs petits camarades basques, occitans, corses, et Dieu sait qui encore! Ch'tis?
Je vais passer pour un républicain extrémiste, mais franchement, que va donner l'article Premier de la Constitution?
"La France est une République indivisible [...]" et, et quoi? Et "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la Nation."
Ils n'ont tout de même pas osé l'accoller à l'article Deuxième : "La langue de la République est le français [...]". Au secours, ressuscitez Ferry, Jules, ou rappelez à nos parlementaires excités que, sans nier l'existence ni l'importance, parfois, à l'échelle locale, de "langues régionales", jamais, au grand jamais elles n'ont constitué un patrimoine pour la Nation française. Pour ses provinces, en revanche... Ah oui, j'oubliais, la mode est au régionalisme et à ses déclinaisons; à Bruxelles, pour s'affirmer contre les Etats; à Paris, parce qu'il n'y a pas d'sous cf "Je suis à la tête d'un Etat en faillite." F. Fillon, et aux échelons infra : "Power! Power! Power!"; jusque dans les cliques folkloriques.
Moui, décidément, "Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne, ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons."
L'Assemblée inscrit la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution.
PARIS (AFP) — L'Assemblée nationale a voté jeudi, à la quasi-unanimité, un amendement surprise au projet de loi sur la réforme des institutions visant à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution.
"Les langues régionales appartiennent au patrimoine" de la Nation, prévoit l'amendement présenté par le président UMP de la commission des Lois, Jean-Luc Warsmann et qui complètera l'article 1 de la Constitution.
Cette disposition était demandée depuis très longtemps par de nombreux parlementaires de toutes tendances politiques.
L'ensemble des groupes -UMP, Nouveau Centre, PS, PCF, Verts- et François Bayrou (MoDem) avaient déposé des amendements similaires à celui de M. Warsmann. Ils avaient tous été rejetés par la commission des Lois la semaine dernière.
La garde des Sceaux, Rachida Dati, s'est dite "favorable" à cette inscription des langues régionales dans la Constitution.
M. Bayrou a exprimé "la satisfaction" de celui qui "mène le combat pour les langues régionales depuis longtemps". "C'est un pas en avant important", a-t-il déclaré.
Jean-Jacques Urvoas (PS) a estimé que "cela va dans le bons sens pour l'épanouissement des langues régionales".
"Enfin les langues régionales vont être reconnues !", s'est exclamé le député NC Philipe Folliot tandis que Marc Le Fur, l'un des députés les plus en pointe dans la défense des langues régionales, s'est réjoui de "quelque chose de positif".
Patrick Braouezec (PCF) a souligné que "l'unité n'est pas l'uniformité".
Mettant en exergue la convergence de vues des députés de tous bords dans cette discussion sur les langues régionales, Arnaud Montebourg (PS) a plaidé pour que la discussion sur l'ensemble du texte se déroule dans le même esprit: "c'est ici que cela doit se décider, entre nous. Nous souhaitons travailler ainsi jusqu'au bout, dans cette optique".
Une souffrance ordinaire.Sèvres-Babylone, il monte, s'installe en face de moi, mais légèrement décalé. Les murs de cette ligne de métro n'étant pas trop tagués, je peux observer facilement son reflet sur la vitre, juste là, à gauche.
Il est très beau. Pas très grand, fin; surtout, brun, mais à la peau si claire. Sa délicatesse réussit à me détourner de son look si désespérément à la mode : les baskets à bouts plastifiés blancs, les jeans coupés-délavés-déchirés comme il faut, le T-shirt fashion, la veste avec juste ce qu'il faut d'originalité, et, bien sûr, l'appendice naturel du jeune urbain dans les oreilles.
Il est troublé, et même plus que cela. Sa jambe droite remue. Tous les doigts de sa main droite également. Battrait-il le rythme de ce qu'il a dans les oreilles? Non.
Il s'agite énormément sur son strapontin, porte souvent son autre main contre sa poitrine. Oppressé? Agité. Son visage n'est que petites convulsions, il cligne des yeux à une vitesse incroyable, mord ses lèvres assez violemment, ses traits sont tirés et parcourus de frissons.
La Motte-Picq-Picq, vient la solution. Des larmes silencieuses apparaissent dans ses yeux. Elles s'écoulent sur sa joue gauche, il ne les essuie pas. Alors, je détourne mon regard. J'écoute, les yeux baissés. Pas de sanglot, même pas de murmure, pas le moindre bruit. Une souffrance silencieuse.
Ma station. Je me lève, descends, lui jette un dernier regard, directement cette fois, depuis le quai. Il n'a pas bougé, il pleure, paisiblement. Cette souffrance, il doit la connaître, tellement la connaître qu'elle ne le surprend plus, qu'il la laisse s'exprimer sans réagir. Sa souffrance ordinaire. 14/05/2008Note à moi-même.Ne plus jamais, c'est bien noté, NE PLUS JAMAIS m'en laisser conter par ma cervelle à l'imagination débordante, et parfois débridée.
Putain (pardon), elle m'aura bien pourri la vie, celle-là, ces deux derniers mois.
Pour muscler le propos, petit tour du côté de chez Pascal, le maître pour toute cette sorte de choses : "Cette partie décevante dans l'homme, cette maîtresse d'erreur et de fausseté, est d'autant fourbe qu'elle ne l'est pas toujours." Pensées, débrouillez-vous avec vos éditions Lafuma et Brunschvicg.  |
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