J'écoute : la pluie ruisseler du balcon de mes voisins du dessus sur l'auvent de mes voisins du dessous.
Je regarde : ces trois dessins de Venise qu'il faudra mettre sous verre.
Je lis : L'un des nôtres.
Je joue : au con?
Je mange : Jamais en dehors des repas.
Je bois : un petit blanc ardèchois.
Je cite : "Nullo labore aut corpus fatigari aut animus vinci potest."
Je pense : à tout ce chemin parcouru.
Je rêve : d'un garçon attaché.
(mis à jour dimanche 14 décembre 2008 à 14:06)

06/07/2010

06/07/10 - 01:27

Les histoires écrites sur le papier...

Jeudi soir, dans la chaleur et l'alcool, je cherchais encore à L'oublier, à faire taire surtout cette sensation insupportable d'immense gâchis.
Miss Pink et C., dont je ne regretterai jamais trop de n'avoir pu au cours de cette année faire plus ample connaissance, se relayaient avec toute l'attention dont elles sont capables pour m'expliquer que les histoires écrites sur le papier ne sont pas de celles qui sont faites pour durer.
Scepticisme non avoué.

Et, le lendemain, dans cet appartement de rêve, en cette période si grave et paisible à la fois, entouré d'amis connus, lancé dans un programme festif de folie, il a fait irruption. Un OVNI presque, hirsute, à l'accoutrement hautement improbable, à l'attitude extra-terrestre (normal, aussi haut dans une tour, face à d'autres gratte-ciel, il fallait s'attendre à ce genre d'apparition).
Une fois parti : "C'est le frère de D., ça?"
J. "Ben oui, hihi! Ca y est, Ged', tu es déjà amoureux!"
"Euh... non, il a 17 ans."

Puis il est revenu. Il n'a pas eu peur de notre folie. Mieux, il s'y est glissé comme s'il faisait partie de la tribu depuis toujours. Audacieux.
C'est lui qui est venu m'extirper de ma contemplation nocturne sur ce balcon haut perché. Courageux.
Parlé, un peu... Assez pour...
Traversée velibesque de Paris à l'heure où la ville s'éveille : il n'a que 17 ans.

Le lendemain : gênés, nous n'étions pas seuls. Envie d'essayer de lui parler. Lui, manifestement ailleurs. Nous nous quittons, il me rattrape dans les couloirs métropolitains pour me demander l'adresse d'un lieu de sociabilité pdsexuel. Malin. Il n'a que 17 ans mais sait s'outer habilement.
A peine rentré, un mail de lui. Confusion inquiète touchante.

Surlendemain, il reprend (mais il n'en a jamais été autrement) l'initiative : erreur volontaire d'emploi du temps, pour me pousser à me dévoiler. Audacieux et malin, il n'a que 17 ans.

Hier, rendez-vous est pris, dans la décontraction la plus grande qui soit : dissimuler une gêne réciproque?
Il était là avant moi, pas un instant de silence en 5h passées ensemble. On ne se connaissait pas il y a 3 jours. Oubliées les plaisanteries faciles, oubliés les détails sous nos yeux : je connais son histoire, en pointilés, bien sûr. Confiant? Naïf? Téméraire. Il n'a que 17 ans.
Heureux tous les deux dans la douceur et la lumière du soir de cette ville que nous aimons tellement tous les deux.

Se quitter. Trois messages inquiets de son grand frère qui ne sait rien, sur le portable de sa mère, il n'a que 17 ans.
Et au retour, bien évidemment : des messages de lui, des mails de lui, une conversation. Il n'a que 17 ans, mais il est poli. Courtois? "Concerné" aussi, mais léger, élégant quoi.
Il est manifestement enchanté de sa journée (moi aussi). Il semble m'avoir attendu longtemps. Je le connais encore un peu davantage.

A 21 ans, on est bon pour la maison de retraite pour lui (il a 17 ans). A moins de 30 ans, pour moi, on est un gamin. AUCUN désir.
Quelle est cette relation qui débute? Parce que ni sa province, ni sa vie de jeune homme de 17 ans n'y feront quoi que ce soit, nous échangerons, nous nous reverrons. Cette relation est un OVNI pour moi, radicalement nouvelle, différente, effrayante mais excitante quelque part.
Je pense à M., pourquoi? Il pourrait être M. dans 15 ans, oui, il pourrait.

Cela fait des années que je n'ai pas connu cela : l'impression qu'un nouveau monde s'ouvre devant moi. La dernière fois... je n'avais qu'un an de plus que lui, et je quittai l'adolescence pour débuter la vie que je garde aujourd'hui encore; c'est, aujourd'hui encore, la période la plus heureuse de ma vie.
Ce n'est sans doute pas un hasard, si, là, tout de suite, maintenant, je me sens si comblé, si incroyablement heureux.

On ne rencontre pas tous les jours un inconnu qui sera un ami.
Les histoires écrites sur le papier ne sont pas de celles qui sont faites pour durer. Miss Pink et C. ont toujours raison.
Si, elles ont toujours raison.


26/06/2010

26/06/10 - 11:29

Série noire.

Ligne téléphonique "écrasée"
Assiette de crudités sur la tête place des Ternes
Verre sur les pieds place Saint-Georges
Claque dans les dents
Nocturne annulée

What's next?-)

17/03/2010

17/03/10 - 23:33

Un pommeau pas comme les autres.

Demain, jeudi 18 mars 2010, Simone Veil rentre à l'Académie française. Certes, la coupole est bien basse pour accueillir ce phare du XXe s., mais tout de même, ça me fait quelque chose.

Ce ne sera que la sixième femme à pénétrer dans les lieux, et cela me réjouit toujours un peu quand une institution culturelle, qui n'est pas la plus révolutionnaire de notre pays complaisamment conservateur voire coupablement réac', ouvre ainsi un peu les fenêtres.

Son oeuvre? Sa vie.
Humanisme appris, humanisme éprouvé, humanisme affirmé.
Elle a survécu.
Elle s'est battue pour les droits de l'Homme contre l'Etat de la nation de ces mêmes droits qui torture en Algérie.
Elle s'est battue pour les droits des femmes face à des hommes qui pensaient posséder un corps qui n'était pas le leur.
Elle s'est battue pour la paix, même avec ceux qui...
Elle s'est battue pour l'Europe, contre vents et marées?

Avec elle, c'est notre XXe s. qui rentre à l'Académie, dans son horreur, gravée sur le pommeau de son épée, et dans sa grandeur aussi : la paix enfin établie sera un rameau d'olivier, demain.

Je pense à Primo Levi, et à tant d'autres, qui ont survécu, qui se sont battus, mais qui n'ont pas pu, finalement. Comment, elle, a-t-elle pu? Voilà de quoi avoir la foi. Se battre, se battre contre soi dans son propre intérêt, se battre pour les autres, voilà une ligne.

Si jamais l'Académie est un élément de l'identité nationale française, je suis heureux et fier que madame Veil rentre dans un des coeurs de mon identité.

Qui est-elle? Je ne sais pas, elle me semble à la fois si traditionnelle et si avant-gardiste, mais j'aime les paradoxes.


Respect. Admiration. Pour moi, elle est un phare.


12/03/2010

12/03/10 - 19:34

Depuis que...

Le vendredi est encore meilleur, depuis que..., parce que le vendredi, c'est... retour à Paris.

Je ne grogne plus, ni même ne râle intérieurement, quand je me réveille en pleine nuit, depuis que..., parce que, qui sait, je pourrais peut-être le regarder en train de dormir, la tête enfoncée dans l'oreiller et la couette remontée bien haut, sans le réveiller.

Depuis que..., je n'ai plus, systématiquement (on fait c'qu'on peut, hein), ces petites pensées narquoises lorsque je passe devant une vitrine où il y a des sous-vêtements masculins, parce que, parfois, il porte ce truc incroyable qui est comme une deuxième peau.

29/01/2010

29/01/10 - 19:07

Egoïsme.

"Ensuite, je les accompagne jusqu'à la gare. Ils me donnent un pot de marmelade et un paquet de beignets de pommes de terre que ma mère a pu encore faire cuire pour moi.
Puis le train part et, moi, je reviens sur mes pas.
Le soir, je mets de la marmelade sur les beignets et je mange. Je n'y trouve aucun plaisir. Aussi je sors, pour aller les donner aux Russes. Puis, je songe que c'est ma mère elle-même qui les a faits et que, peut-être, elle a souffert pendant qu'elle était devant le fourneau brûlant. Je remets le paquet dans mon sac et je ne prends que deux beignets pour les Russes."

Erich Maria Remarque, A l'ouest rien de nouveau.

Je touche du doigt beaucoup plus que je n'espérais en achetant ce témoignage à la va-vite entre deux "Chuuut!".

16/01/2010

16/01/10 - 13:41

Faire demi-tour?

Bien sûr, j'aurais dû me méfier...

Il y avait même eu, quelques jours plus tôt, un signe avant-coureur, inquiétant, au minimum :
"Tu vois, la serveuse, je la trouve sympa.
- ???.
- Oui, je la trouve polie et élégante.
- ??????"

Mais enfin, pourquoi aurais-je dû m'armer? J'étais enchanté d'avoir quitté cette grosse banlieue tellement oppressante pour Paris et ses lieux d'hiver. J'avais l'Amie à ma gauche, M. à ma droite, et la moitié de la salle au moins était peuplée de relations.
Il est vrai, sur scène, il y avait A. dont la voix, les mots, les mélodies ont cette impudeur brillante, grave, drôle, raffinée en un mot, qui pousse à se replier en soi, presque dans un réflexe de protection. Mais ce n'était pas la première fois, je savais tout ça, le lieu lui-même avait déjà retenti de ses chansons : rien de déroutant.

Le lieu était étonnamment bondé toutefois. Aussi, quand Elle s'est frayé un chemin au milieu de cette foule à la recherche d'un recoin où profiter du concert, qu'elle m'a aperçu, autre habitué mais avec qui elle n'avait guère échangé que quelques mots au moment du dernier concert, a-t-elle dû se dire : ici.

Tout a été très vite. Une main sur l'épaule, et :
"Toi, ici? Oui, toi, ici, bien sûr.
- Oh! Bonsoir, com...
- Je peux?
- Bien sûr."

J'aurais dû me méfier.
Elle était toujours aussi impressionnante : volontaire et en retrait en même temps. Une femme froide.
Qui pose sa tête sur mon épaule.
Dont je prends les mains entre les miennes...
Mécaniquement, parce que le lieu, parce que le concert, parce que les gens, ne serait-ce que ces deux amis, juste là, quelques mètres devant nous, si évidemment tendres, complices, proches.

Je suis heureux. Mais hier soir, j'ai été plus heureux encore.

Un baiser sur le chemin du retour du lycée il y a presque dix ans, une confidence un peu maldroite aux amis stupéfaits, le "Tu sais, je m'en doutais depuis longtemps déjà." de J. et ensuite, tout ce chemin : y penser, s'en persuader, s'en convaincre, toutes les premières fois, toutes les deuxièmes, les troisièmes... Avancer sur ce chemin que l'on a CHOISI d'emprunter.
S'arrêter? Se retourner? Rebrousser chemin jusqu'à la croisée dépassée lorsque je n'étais qu'adolescent sans toutes les cartes en mains?

Je ne connais même pas son prénom.

Si l'ex de M. n'avait été présent lui aussi, nouvelle coïncidence ironique fâcheuse, cet ex si pénible que j'essaie en vain de faire oublier à M. depuis trois ans, dont l'incroyable violence a apporté une touche comique presque à la soirée, répétition oblige, cette soirée aurait soulevé un désarroi certain.

Je veux savoir comment Elle s'appelle.



04/11/2009

04/11/09 - 18:56

Pot Pourri.

Les vacances. Le calme, la solitude, les gens qui comptent :

"Et alors, toi, sinon, personne à nous présenter?
-."
(...)

"Mais toi, ça va?
- Oui, oui, ça va."
(Euh...).

"Mais tu te construis quand même, non?
- Oh, bien sûr, par la force des choses, et un peu à marche forcée, mais oui. Mais, tu sais, tout ceci prend tellement de place, presque toute la place en fait, que je me retrouve plus ou moins obligé de mettre de côté tout ce que j'étais avant.
- Mais tu ne disais pas...
- Si, justement, c'est bien ça le problème."

Surtout :
"Mais toi, là dedans, tu es où?
-Je ne sais pas."
(JE NE SAIS PAS).

L'ivresse parisienne et professionnelle m'attendent, heureusement.
Sans divertissement...

19/08/2009

19/08/09 - 15:42

Fou de mon agent d'assurances.

Oui, je sais, il faut avoir du temps à perdre pour lire dans leur intégralité les divers contrats juridiques qui me passent entre les mains, mais, depuis quelque temps, je le fais, moins guidé par des lumières de juriste, que je ne suis pas, qu'à la recherche de perles insoupçonnables a priori.

Lubie récompensée aujourd'hui : au dernier paragraphe, intitulé "Nos conseils", de la dernière page des conditions particulières du contrat du jour à parapher et signer dûment (note, lecteur, que j'ai lu l'ensemble dudit contrat), je tombe, après un rappel statistique sur les incendies domestiques en France, sur "Ne fumez pas au lit".

Outre le style pour le moins catégorique, je m'insurge : que faire après un kouri kouri avec une huître tabacophile si elle ne peut meubler l'instant en s'en grillant une? La situation est alors déjà bien assez pénible; si, en plus, la prise de nicotine est interdite, ce n'est pas comme ça que je vais pouvoir occuper mes longues soirées d'hiver!

Heureusement, contre le blues saisonnier, je suis sûr que mon agent préféré a quelque chose en réserve dans son contrat santé... Eh, tous les moyens sont bons pour rester le premier groupe français du secteur!

15/07/2009

15/07/09 - 23:36

It rings a bell, comme on dit outre-Manche...

Flânant (...) plus ou moins en aveugle sur mon site préféré, je tombe sur les résultats du concours général 2009, et là : "Ah oui quand même!"

Comment dire, cela a été comme une prise de conscience, un peu tardive certes, mais enfin, l'étincelle a eu lieu, la période s'y prête, ceci explique peut-être cela. Bref, sur les quelques élèves que j'ai eu en face de moi cette année, fort peu au final, deux sont lauréats.
Oui, définitivement, les contextes de mon enseignement, selon la formule consacrée, étaient paticulièrement privilégiés. Non, je n'ai pas sévi avec des oeillères toute l'année, je savais tout cela, mais quand même, c'est le genre de lecture qui remet les choses en place.
L'an prochain? Wait and see.

Et pour tout dire, au-delà de la joie sincère que j'éprouve pour eux, et, aussi, de la fierté complètement déplacée, j'ai un peu de mal à avaler la pilule : ce... ... de... est lauréat. Bon, ok, mais cela ne change rien, qu'est-ce que ce gamin est insupportable!

24/05/2009

24/05/09 - 17:32

Parcourir les blogs, et se laisser prendre.

"Son visage faisait également penser à un daguerréotype, il avait quelque chose de suranné et de pittoresque."

Willa Cather, L'un des nôtres.


Rappel des règles :

* Attrapez le livre le plus près de vous. Maintenant.
* Allez à la page 56.
* Trouvez la 5e phrase.
* Écrivez cette phrase dans votre journal.
* Copiez ces instructions en commentaire à votre phrase.
* Ne cherchez pas votre livre préféré ou le plus cool mais bien le plus proche.

30/04/2009

30/04/09 - 14:51

Société 1, ma société.

Hier matin, comme tous les jours, perdant mon temps sans le perdre tout à fait pendant ces longues heures que je passe dans les transports en commun permettant mes mobilités professionnelles, j'observais les gens vivre. Hier, ce sont deux jeunes filles qui ont retenu mon attention : ce que j'ai pu apprendre d'elles en, quoi, dix minutes peut-être, ne cesse de m'inquiéter depuis.
Jeunes, très jeunes même d'après leurs visages définitivement enfantins encore, mais déjà fringuées comme si elles avaient quelques années de plus. Sans être expert, je dirais mode "caille-ra chic" si j'en crois les couvertures des mags féminins, dont on peut remettre en question le jugement...
Manifestement, elles allaient en cours ("P..., elle est trop grave c'te prof d'anglais."), et l'une d'elles lisait je-ne-sais-quel canard gratuit du matin, rubrique "Justice", à l'article sur l'ouverture du procès du "gang des barbares". L'une d'elles lisait donc, mais faisait profiter sa copine (et avec elle, tout le bus, discrétion oblige) de sa lecture en commentant à peu près chaque ligne :
"Tu as vu? Y'a l'procès qui commence.
- Ah ouais, j'suis au courant. (Ah? Apparemment, l'affaire est entendue, si l'on parle de procès, il ne peut s'agir que de ce procès, l'auditrice comprenant de quel procès il s'agit).
- Tu sais quoi, ma soeur, elle le connaît.
- Ah ouais? (Ah?)
- Ouais, ils ont été dans la même classe.
-[...] T'as vu? Il a tué un Juif pour de la thune. Pfff, quel bouffon!
-Ouais, faut être trop con pour tuer un Juif pour de la thune. Y'a plein de raisons pour tuer un Juif, mais pas pour de la thune. (sic)
- [...] T'as vu? Il s'appelle Youssouf.
Sourires et, bientôt, rires aux éclats, je crois qu'elles diraient lol.
- Quel prénom de naze.
- Ouais, t'as raison, c'est un bouffon."

Je ne m'en remets pas. De leur conversation... ignoble. Mais il y a plus. Ces gamines, elles étaient loin d'être stupides : 14 ans tout au plus, mais elles suivent l'actu, et, malgré un style plus marqué Nanterre que quai de Conti, elles s'exprimaient plutôt bien. En gros, du côté de mon administration préférée, on les classerait du côté des réussites : réussite pour avoir accroché ces gamines, plutôt défavorisées sur le papier, au train du parcours scolaire ma foi honorable. Et c'est là qu'un gouffre s'est ouvert : ces gamines, dans quelques années, auront conscience de connaître deux trois trucs, s'appuieront là-dessus pour se forger des opinions persos, au lieu d'absorber (dans le meilleur des cas) de l'info prête-à-consommer le plus souvent sans en rien comprendre. Pire encore, elles parleront peut-être de leurs opinions autour d'elles, ne serait-ce que, beaucoup plus tard, chez elles, en famille. Le gouffre est là : bien sûr, je reste convaincu qu'avoir accroché ces gamines est une bonne chose, mais quelle arme de destruction massive, elles, et tant d'autres sans doute, représentent pour des valeurs fondamentales comme la reconnaissance de l'égale dignité de tout individu. Offrir la possibilité de recevoir une éducation secondaire, un devoir sans doute, mais faire en sorte que cette éducation soit bien reçue et mise à profit, ce n'est rien moins qu'un défi, pour le moins.

Je suis descendu du bus, et, en franchissant la porte du temple, je me suis dit : "Y'a du boulot!" Je crois que les prochaines heures d'ECJS seront quelque peu différentes...
D'abord, faire en sorte que Youssouf soit appelé "bouffon", non pas pour son prénom, mais pour ce qu'il a fait.
Ensuite, essayer de faire comprendre que ce n'est pas Youssouf lui-même qui est un bouffon, mais son acte qui est criminel.
Oui, du boulot en perspective dans mon laboratoire social.

09/04/2009

09/04/09 - 23:52

Vrouf!

Mine de rien, voici deux fois en l'espace de trois jours seulement qu'il se met, après une journée étonnamment mais délicieusement chaude ET ensoleillée, à tomber des cordes, après un coup de vent digne du Kansas en septembre; à la même heure, à la minute près même.

Lorsque je serai parvenu à endurer ces dents de scie météorologiques, j'écrirai à Toulouse pour leur demander de modifier leurs constantes de définition du climat parisien : fini le tempéré océanique dégradé, bonjour le tropical humide!
A moins qu'il ne s'agisse de l'accueil capital, nécessairement jacobin, réservé au je-ne-sais-plus combientième département, vous savez, le ptit nouveau ultramarin. Dans ce cas, c'est assez à présent, les cérémonies les plus courtes sont les meilleures, mon stock de parapluies s'amenuise et mon brushing en souffre grandement...

25/02/2009

25/02/09 - 10:03

"Des instants qui meurent"

Bientôt, j'écrirai deux trois mots pour dire tout le plaisir que j'ai pris à lire L'élégance du hérisson (quoi, quoi : "Il était temps!").

Au début de ma lecture, étonné par le sens de la formule de l'auteur, j'avais commencé un petit inventaire des bons mots et autres phrases-chocs. Puis j'ai renoncé, devant l'ampleur de la tâche : chez M. Barbery, les bons mots ne sont pas juste des bons mots, ils sont un style, son style.
Pourtant, hier soir, fort tard, à la lecture de : "[...] ce qui est beau c'est ce qu'on saisit alors que ça passe.", j'ai eu envie de retenir le passage, et, surtout, d'éclaircir ce que ça a éveillé en moi.

"Ce qu'on saisit alors que ça passe", la voilà la clef de ces derniers mois... Dès le premier jour, j'ai su, enfin, j'ai pressenti, tout ceci n'étant, bien sûr, pas pleinement conscient, qu'avec O., nous serions dans de l'éphémère. Est-ce pour cela que ces moments, éphémères, ont été (sont encore parfois) si bons, si beaux? Aujourd'hui, je suis assez enclin à le penser. Sans doute l'éphémère nous pousse-t-il à nous livrer tout entiers à l'instant, à nous abandonner à lui, à sa plénitude. S'oublier, se donner tout entier pour espérer saisir (saisir parfois, entrevoir plus souvent, mais c'est déjà tellement considérable) quoi?..., de la vie au fond, de la vie créée par deux êtres qui s'offrent, au coeur même de ces parenthèses d'abondance.

Remercier, mais remercier qui? Barbery, pour avoir rendu le réel visible? Le remercier, lui, pour avoir été le premier avec qui cet abandon de moi-même m'a été permis? Pourquoi, précisément, lui? Absurde... s'il y a bien quelqu'un qui ne suscite pas la confiance, c'est lui. Et pourtant, la clef est là. Peut-être, sans doute, parce que jamais, jamais je n'ai pu lui donner complètement ma foi, on n'a pu aller au-delà d'instants suspendus, volés, un peu à part. Mais que, par ailleurs, le désir était tel, que lorsque ces petites bulles se présentaient, on, non, il fallait les saisir. Nécessité bienheureuse pour une fois...

Faudra-t-il renoncer à trouver de la beauté dans des histoires plus linéaires? Seconde d'angoisse... Non, on peut écrire une histoire à plusieurs lignes mélodiques : sur un continuo, il y a toute la place pour des pédales de grâce.





13/02/2009

13/02/09 - 22:33

Des vertus du tri.

Aujourd'hui, mettant à profit mon premier jour de vacances (ce sont des jours à rentabiliser : on a du temps, mais on conserve encore le rythme des journées de travail, on peut donc faire tout et n'importe quoi), j'ai endossé le rôle de parfaite fée du logis -où sont mon turban et mes disques de disco?-.

Outre le fait que, désormais, on peut à nouveau pénétrer chez moi sans risquer d'attraper la peste ou le choléra ou, plus modestement, sans trébucher, bilan hautement positif en soi pour une seule journée, je suis tombé sur une de mes petites bafouilles, à propos d'Entre les murs, mais si, remember, la palme de cette année, enfin, de l'année passée, le film de Laurent Cantet dont tout le monde a parlé, en particulier dans le milieu.
Les plus habiles lecteurs noteront l'ancienneté de la pile non-identifiée...

Bref, en lisant cette petite bafouille, je me suis souvenu que j'avais aimé ce film, surtout la dernière scène à dire vrai. Une salle de cours est filmée en plan fixe, on y voit un chaos de chaises et de tables, et on entend les coupables du méfait : les élèves, qui, fin d'année scolaire oblige, sont en train de jouer au foot dans la cour de l'école.
Je crois bien m'être dit alors, en substance : mon dieu, quel gouffre entre l'Ecole, ses professeurs, leurs ambitions pour les élèves, et ces mêmes élèves, ce qu'ils sont, non, ce qu'ils peuvent être, parfois.
Attention, ce qu'ils peuvent tous être parfois, hein, pas parce que ce sont des gamins du 20e, entendons-nous bien.

Pourtant, j'avais trouvé cette scène ultime plutôt optimiste, alors que le film est le récit d'un échec. Cette classe, c'est un champ de bataille, certes, mais enfin, ces cris que l'on entend, ce sont des cris de joie, ces mômes, même si c'est dur pour eux, à cause d'eux, eh bien, ils l'aiment leur bahut.

On en a beaucoup parlé; normal, me direz-vous, outre les enjeux qui tournent autour de l'Ecole, tout le monde y est passé, et tout le monde ou presque y retourne, à travers ses enfants, alors, tout le monde pense pouvoir donner son avis sur ce qui s'y passe.
Mais il y a plus. La clef est donnée dans une autre scène, peu auparavant. Entre ces murs, on vit. On vit des expériences très fortes. J'ai mis longtemps à comprendre pourquoi la scène où les gamins, tour à tour, exposent ce qu'ils ont appris dans l'année, m'avait tellement ému. Entre les murs, ils n'ont pas seulement appris des théorèmes, des figures de rhétorique, des dates, que sais-je encore. Ils ont vécu, découvert, essayé, réussi, échoué, aimé, détesté... ensemble, entre quatre murs. Alors, bien sûr, cela crée du chaos, parce que c'est la vie telle qu'elle est, crue.

Je ne sais pas si j'ai raison d'avoir perçu la conclusion de la sorte; au fond, une vision morbide, ou, plus exactement, pré-morbide, serait plus cohérente au vu du reste du film, mais c'est ce que je pense; ou ce que je veux croire?

11/02/2009

11/02/09 - 23:38

Collier de... nouilles!

C'est bien la dernière fois que je propose à une collègue de jeter un oeil à l'un de ses tas...
"Gaz ou duc", bon, ok, pourquoi pas, étymologiquement c'est défendable, et ça a un côté rigolo.
Mais que dire de : "Le climat du Proche-Orient est sous tention." Ce n'est pas faux, on peut même aller, je crois, sans abus, jusqu'aux relations électriques, et qui font des étincelles.
En revanche, j'ai beaucoup aimé les "tirs de requêtes", musclées alors les requêtes.

Non, c'est terrifiant, parce qu'en amont du tas, il y a des mains et des cervelles de jeunes adultes en âge de voter, bref.

Franchement, MES tas ont quand même plus de gueule, surtout que ce sont des petits à côté : "Le style de Mantegna est gore." Je n'aurais peut-être pas dû dire que dans la partie "interprétation", il y avait de la place pour des lectures personnelles des oeuvres... Mais j'ai aimé l'écart.
Et la palme revient à "sagitarisé", gratifié d'un "néologisme fascinant". Le gamin n'est pourtant pas latiniste, alors, comment? Un astrologue en puissance? Tant pis pour l'orthographe et l'orthodoxie lexicale, mais j'ai bien envie de le soumettre à l'Académie...

20/01/2009

20/01/09 - 00:01

Sauvés par le gong!

Alors, bien sûr, les généralisations sont toujours abusives, absolument pas pertinentes mais enfin, j'ai accumulé tellement de griefs contre les journalistes parisiens, parisiens, je précise bien, que sans la découverte du jour, ils auraient eu à encourir ma colère... légitime, et qui couve depuis longtemps.

Qu'ai-je lu aujourd'hui dans une paperasse syndicale (oui, j'ai bien essayé de mettre un grillage à poules dans la fente de mon casier, mais ces écrits sont tellement insignifiants qu'ils passent par les mailles)? Que les privilèges des pouvoirs publics étaient sur la sellette. Etonnant... Du côté de l'Assemblée nationale, par exemple, les quelques chauffeurs seraient ainsi particulièrement menacés, mais en aucun cas leurs salaires... surprenants, pour le moins : 2400€ nets, et jusqu'à 5000€ nets en fin de carrière.
Je ne suis pas vraiment, et même pas du tout, pour rejoindre la principale chorale de la grande maison, "Les pleureuses complaignantes", et, après tout, tant mieux pour la poignée de chauffeurs susnommés, mais franchement, je trouve ça un peu too much, surtout quand on les compare aux salaires moyens dans la fonction publique, et même dans le privé.
On me dira (la paperasse syndicale n'en disait rien, peu importe, comme toujours, il y avait largement de quoi en faire une contre-lecture; s'ils savaient comme il est contre-productif de me submerger comme ils le font, bref) : "Rendez-vous compte, ils doivent être à disposition 24h/24, 7j/7!" My foot, ouais; un député, s'il est à Paris trois jours par semaine, c'est déjà beaucoup, et ils sont tous dans les murs en même temps. Je persiste et je signe, c'est cher payé pour ne presque rien faire.
Petite tempête dans mon cerveau, j'ai fini la brillante paperasse, ai relevé le nom de l'auteur, et, finalement, ce n'était pas un vilain syndicaliste, mais un journaliste à la base, très à gauche certes, mais un journaliste. Je le remercie pour m'avoir fait découvrir l'aberration du jour, même si ce n'était pas son objectif, ses collègues le remercient aussi, ils échappent ainsi de justesse au coup de gueule du semestre.

Petit coup de gueule néanmoins, il est bon, paraît-il, de dire les choses.
Au cours de mes pérégrinations amicales, sexuelles, sentimentales et professionnelles, j'ai croisé un certain nombre de représentants de cette corporation respectable et respectée, suffisamment en fait pour avoir un échantillon révélateur (j'ai des lacunes en presse TV en revanche, à bon entendeur...) des us et coutumes de cette faune pas si nombreuse finalement.
Je dis : "Assez!" Assez de cet orgueil déplacé, de ce mépris, de..., de..., de...
IL y est pour beaucoup, mais les parents, journalistes de leur état, du petit A. (vous savez, celui des "Entre 50 et 95 ans, les évangiles ont rédigés la naissance de Jésus-Christ"), rencontrés la semaine dernière en nocturne, ont été la goutte d'eau qui a fait déborder l'amphore, surtout son délicieux papa. Franchement, son fils a du mérite pour tourner aussi bien : certes, ce qu'il me rend est souvent renversant, mais, au moins, il est adorable, et intéressé. Alors que monsieur son père est proprement imbuvable, odieux et désagréable.
"Certes mon fils est nul (sic, j'ai oublié de préciser que le petit A. était au milieu de ses deux gardes rouges de parents, les yeux rougis, la tête baissée, sans avoir le droit de placer un mot; largement de quoi m'énerver méchamment, en soi) à l'écrit, certes, il n'apprend pas toujours ses cours, certes vous respectez le programme (ce que j'avais dû lui démontrer par a+b - apprends-moi mon job pendant que tu y es -; en fait, grâce à la bible du stagiaire inspecté en fait d'année : les programmes, LES programmes...), mais enfin, est-ce une raison pour lui mettre de mauvaises notes?
-...
- Et ce devoir sur la Bible?
- Oui?
- Vous savez, on est athées.
-Et?
- Ben, sans google, on n'aurait pu répondre à aucune question.
-(C'est donc à vous que j'ai mis 4?) Vous savez, avant google, les réponses étaient dans les documents... Oh, je crois que mon prochain rendez-vous est arrivé. Bonsoir madame, bonsoir monsieur, n'hésitez pas à reprendre rendez-vous avec moi, au besoin. A lundi, A."
La cerise : "c'est très bien de respecter ce que l'on vous demande de faire, mais enfin, vous pourriez..." (Oui, je sais, faire des interros spéciales pour votre fils et lui mettre 20). Ca lui va bien, lui, le journaliste à l'Huma, de me dire ça. Je ne sais pas ce qui m'a empêché (enfin, si, je sais) de lui balancer : "Ca vous va bien de dire ça, maintenant que le Kominform n'est plus."

ASSEZ.
Le prochain sera éleveur de chèvres.

19/01/2009

19/01/09 - 22:58

Un peu tôt...

J'avoue tout...
Je n'ai pas pu lui résister : elle m'attendait, ce soir, à la sortie du métro, sous une douce lumière et dans une fraîcheur règlementaire. Je n'étais pas venu pour elle, et pourtant, c'est bien moi qui aie prononcé : "Bonsoir, une tradition et... une part de tarte aux fruits rouges, siouplaît!"

Résultat, maintenant, je suis hanté par des envies de printemps, de courir dans un pré à l'herbe non fauchée, tiède et parfumée, de trouver une butte où je pourrais me laisser rouler, qu'un garçon m'ébouriffe les cheveux pendant que j'en ferais un personnage shakespearien en lui tressant une couronne de marguerites.

Arf, quel jour sommes-nous? Aïe, encore trois mois, au moins.

21/12/2008

21/12/08 - 14:21

Intransigeant.

J'ai vu, hier soir, Hunger, de Steve McQueen, et j'ai un peu de mal à m'en remettre...
Habituellement, j'ai horreur de sortir du cinéma et me retrouver dans l'agitation parisienne. Hier, je dois bien l'avouer, j'ai erré, assez largement inconscient de la vie autour de moi.

Le réalisateur a dit ou écrit vouloir "bousculer nos repères moraux", c'est réussi. Je ne sais pas, mais je n'arrive pas à me défaire du lien qui s'est installé pendant que je regardais ce film entre l'un de ces terroristes et ce cours que j'avais suivi il y a un ou deux ans sur l'Eglise schismatique de Donat, sur les églises schismatiques plus largement, dont le brillant professeur nous disait qu'elles avaient toutes pour point commun d'être des communautés du petit nombre, se disant et se voulant effectivement plus pures... plus dures.
Des individus plus exigeants, plus intransigeants, jusqu'aux extrêmes. Bien sûr, cette ligne n'est guère tenable en société (to compromise revient fréquemment dans le film; ironiquement, essentiellement dans les discours de Thatcher, qui se présente dans son rôle favori de dame de fer, alors que, précisément, elle cherche à préserver un ordre social, et à y réintroduire des prisonniers qui s'excluent eux-mêmes). Mais individuellement, c'est autre chose, la séduction exercée par cet extrémisme joue bien davantage, surtout quand on est, déjà, volontiers assez dur envers soi-même.

Errance, heureusement attiré par les tours lumineuses de Notre-Dame : un parvis, avec un chapiteau sur lequel sont inscrits quelques articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, coïncidence...
"Article 1 : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité [...]" Comment faire pour garantir cette dignité lorsque les individus, eux-mêmes, le refusent? Les y contraindre? A coups de balai, comme dans les prisons d'Irlande du Nord? La suite de l'article précise "[...] et en droits." Complexe, compliqué.

Un autre parvis, au pied des tours lumineuses cette fois, enfin. Oui, enfin, elle était là, elle et sa présence rassurante, apaisante même.
Hier soir, j'ai choisi (pour combien de temps?) : rester un animal politique.

15/12/2008

15/12/08 - 23:09

Pourquoi ce métier n'est pas tout à fait un métier comme un autre... 3

En seulement 4 heures de cours, aujourd'hui :

"En quelle année considère-t-on que l'Amérique a été découverte?
- ...
- (Trop de rigueur intellectuelle tue peut-être la spontanéité de l'élève) En quelle année l'Amérique a-t-elle été découverte?
- ...
- Euh, 1492, Christophe Colomb, ça vous dit quelque chose?
- (Vague frémissement)."

Les mêmes, quelques heures plus tard, sur l'émergence de la figure de l'ingénieur dans l'Europe renaissante : "Par exemple, la coupole de la cathédrale de Florence... Oui?
- Celle de Brunelleschi?
- Oui, oui, l'oeuvre de Brunelleschi.
- (Vient alors tout une tirade, apparemment maîtrisée par beaucoup)."

Je ne comprends pas!


"Vous êtes en retard, je ne peux vous accepter en cours.
- Oui, mais j'avais rendez-vous chez l'ophtalmo.
- Et vous n'aviez peut-être pas rendez-vous en cours d'histoire?
- Si, bien sûr, mais maintenant que nous sommes intimes...
- (!) Précisément, je vous vois les mains vides, allez donc m'acheter les truffes dont je vous ai dit raffoler ce week-end.
- (Elève écarlate, classe bluffée)."


"Et vos dossiers?
- Ben, euh, on les a pas faits.
- Et pourquoi?
- Ben, euh, on savait pas quoi faire.
- Il est vrai qu'après vous avoir indiqué les documents dont vous aviez besoin ainsi que la structure à adopter pour le plan, j'aurais dû tenir vos doigts enfantins pour vous aider à taper ces dossiers. Vous me prenez vraiment pour une bille! Tant pis pour vous, bulle pointée.
- Oh non, m'sieur, on vous aime bien vous savez!
- Quel dommage que je ne puisse en dire autant."

Epuisant, mais enrichissant en diable.

08/12/2008

08/12/08 - 22:43

8 décembre.

C'est assez étrange : je ne suis pas nostalgique pour deux sous de mon enfance; décembre et ses rites comptent parmi les choses qui m'insupportent le plus, a fortiori lorsqu'ils sont récupérés commercialement et infligés à grand renfort de battage médiatique, mais pour rien au monde je ne passerais à côté de ces trois petits lumignons (pourquoi trois? héritage familial?) placés presque religieusement sur le balcon, ou le rebord de fenêtre, selon les années, dès que la nuit du huit décembre tombe. Et au diable tous ces yeux parisiens qui doivent se demander pourquoi l'acrobate du deuxième met des bougies sur son balcon.



Il doit quand même y avoir un peu de nostalgie : j'adorais peindre les pots de yaourt en verre à l'école, rentrer avec à la maison, les placer devant la fenêtre de la cuisine (et là-bas, au moins, les gens le faisaient aussi), et sortir dans le brouillard glacial pour flâner dans les rues médiévales, décorées, illuminées, aux vitrines chaleureuses.
Plus tard, la découverte de ce proverbe que j'adore : "A la sainte Luce, les jours croissent du saut d'une puce.", de la tradition de la Sainte-Lucie dans les pays nordiques, si proche de notre coutume séquano-rhodanienne.

Oui, un peu tout ça : bientôt, dans sa révolution, notre bonne vieille Terre nous rapprochera du soleil, bientôt, je retrouverai cette atmosphère si particulière; oui, j'aime le huit décembre.